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Discipline
Auteur-exécutant
- Navez, François-Joseph – 1824
Matière
Description publique
Que la Sainte Cécile de Rome de François-Joseph Navez (Charleroi 1787 – Bruxelles 1869) soit un chef-d’œuvre et un parangon de l’art néo-classique en Belgique, nous le savions. Plusieurs de nos confrères, à l’étranger, avaient reconnu sa valeur patrimoniale, l’empruntant d’ailleurs à maintes reprises. Pourtant cette reconnaissance officielle est fort récente. Le 11 octobre 2013, la Ministre Fadila Laanan signait l’arrêté de classement en qualité de trésor. Cette décision est motivée par la valeur artistique et historique de l’œuvre, ainsi que par les critères de classement suivant : l’esthétique, la grande qualité de conception et d’exécution et le lien avec l’histoire de l’art.
Il est vrai qu’en 1985 déjà, ces qualités avaient été soulignées par les commissaires de l’exposition 1770-1830. Autour du néo-classicisme en Belgique proposée au Musée communal d’Ixelles. L’œuvre avait été retenue en tant que visuel, à la fois pour l’affiche et le catalogue. Les commissaires expliquent leur choix : « ce tableau (…) semblait en effet fort bien répondre à la nécessité de trouver une image qui exprimât au mieux les caractères propres de l’art belge à une époque où le langage de la culture européenne était le néo-classicisme ».
Et, de fait, si dans ce tableau, on décèle l’influence d’Ingres dans la stylisation maniérée des formes et des lignes, une critique publiée en 1824 trouve le dessin de la main gauche de la sainte « peut-être un peu outré », et d’aucuns en comparent l’élongation et l’arabesque sophistiquées à celles des mains de Thétis dans la célèbre œuvre d’Ingres conservée à Aix-en-Provence. On relève aussi la marque de David – dont Navez fut l’élève – dans son traitement réaliste, quasi-photographique. Ceci est d’ailleurs étonnant dans une œuvre somme toute idéaliste, de certains détails tels la harpe et la carnation de l’ange enfant, des emprunts aux Primitifs flamands dans les ailes de l’ange musicien par exemple, mais également des traits ‘(pré)raphaélites’ dans le rendu de la chevelure de ce même ange.
Rappelons que François-Joseph Navez a suivi les cours du peintre néo-classique P.-J. Célestin François à Bruxelles avant de ‘monter’ sur Paris, où il fut élève de David de 1813 à 1816 et de partir ensuite à Rome, où il restera de 1817 à 1821. Tous s’accordent pour reconnaître que c’est durant son séjour romain et durant les dix années qui suivirent son retour en Belgique que Navez réalisera ses tableaux les plus « personnels », ceux qu’il enrichit « de cette poésie un peu mystérieuse, volontiers méditative, et de cette sensibilité toute intuitive qui font partie de la tradition de l’art belge ». Ce sont bien ces caractéristiques que l’on retrouve dans cette Sainte Cécile de Rome, classée « trésor » de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Dimensions
Hauteur : 179,5 cm ; largeur : 158 cm
Copyright de la notice
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